GALERIE DE L’UQAM
Diane Gistal
COMMISSAIRE

Respiration s’intéresse à un acte anodin qui, dans un contexte lié aux communautés afrodescendantes et africaines, devient éminemment politique. Le souffle, qui peut leur être ôté à tout moment de façon réelle ou symbolique, fait peser une épée de Damoclès sur les vies noires.

Les récentes actualités étatsuniennes qui ont embrasé le monde, conduit des millions à scander à l’unisson «Black Lives Matter», témoignent précisément de cet épuisement globalisé, d’une exténuation qui n’épargne, bien évidemment, pas la province canadienne française.

Pourtant, le Québec demeure dans un déni de lui-même, refusant catégoriquement de faire face à une réalité qui écrase, étouffe, anéantit et annihile une partie de sa population sous le poids de la violence. Le racisme continue, quant à lui, de remplir sa tâche et «même caché derrière un paternalisme de bon aloi, rappelle le cinéaste Raoul Peck, il reste [tout de même] brutal et efficace».

Dans ce tumulte incessant, la respiration devient résistance et résilience. Elle se fait poésie.

En s’arrêtant précisément sur les silences, les hésitations, les soupirs et les inspirations, les artistes montréalais·e·s Moridja Kitenge Banza, Marie-Laure S. Louis, Siaka S. Traoré et Marie-Danielle Duval révèlent la force politique du «respirer»; iels le subliment.